Le monde des passions : exemples de sujets de dissertation

Sujets 2016


Sujet 1 : « Rien de grand ne s’est fait sans passion » (Hegel, La Raison dans l’histoire)

Expliquez et commentez cette citation à la lumière des œuvres au programme.


Sujet 2 : « On doit laisser aller ses passions si grandes soient-elles, et ne pas les réprimer. Au contraire, il faut être capable de mettre son courage et son intelligence au service de si grandes passions et de les assouvir avec tout ce qu’elles peuvent désirer. Seulement, tout le monde n’est pas capable, j’imagine, de vivre comme cela. C’est pourquoi la masse des gens blâme les hommes qui vivent ainsi, gênée qu’elle est de devoir dissimuler sa propre incapacité à le faire. La masse déclare donc bien haut que le dérèglement […] est une vilaine chose. » Platon, Gorgias (IVe siècle avant J.-C.), 491d-492e, trad. M. Canto-Sperber, Éd. Garnier-Flammarion, 1987, pp. 229.

Vous commenterez et discuterez cette citation à la lumière des œuvres au programme.


Sujet 3 : Pour Charles Fourier, dans Théorie des quatre mouvements et des destinées générales, Leipzig, 1808, « le vrai bonheur ne consiste qu’à satisfaire toutes ses passions ».

Vous discuterez cette affirmation à la lumière d’Andromaque, de Racine, de la Dissertation sur les Passions, de Hume, et de La Cousine Bette, de Balzac.


Sujet 4 : Nietzsche, dans Le Crépuscule des idoles (1889), affirme : « Attaquer les passions à la racine, c’est attaquer la vie à la racine. »


Sujet 5 : « En effet, l’homme n’existe que par une satisfaction quelconque. Un homme sans passion, le juste parfait, est un monstre, un demi-ange qui n’a pas encore ses ailes. » Balzac, Le Cousin Pons, 1847, ch. 1.


Sujet 6 : Érasme, dans Éloge de la folie, écrivait : « Pour que la vie des hommes ne soit pas tout à fait triste et maussade, Jupiter leur a donné bien plus de passions que de raison. »


Sujet 7 : La passion : un accomplissement personnel ?

Vous vous interrogerez sur le bien-fondé de cette question à la lumière de votre lecture personnelle d’Andromaque de Racine, de la Dissertation sur les passions de Hume et de La Cousine Bette de Balzac.


Sujet 8 : Diderot écrivait dans ses Pensées philosophiques (1746) : « Il n’y a que les grandes passions qui puissent élever l’âme aux grandes choses. »

Tâchez à la lumière des œuvres au programme d’expliquer et de commenter cette grandeur.


Sujet 9 : Dans Vie de Henry Brulard, autobiographie inachevée, Stendhal définit les effets de la passion en ces termes : « Un peu de passion augmente l’esprit, beaucoup l’éteint ».

La lecture des œuvres au programme vous paraît-elle confirmer cette affirmation ?


Sujet 10 : Descartes écrivait dans Les passions de l’âme : « Les passions sont toutes bonnes de leur nature et nous n’avons rien à éviter que leurs mauvais usages ou leurs excès. »

Vous commenterez et discuterez cette citation à la lumière des œuvres au programme.


Sujet 11 : D’après Descartes, les passions non contrôlées vont « employer [l’âme] à combattre contre elle-même, [la mettant] au plus déplorable état qu’elle puisse être. » (Traité des passions de l’âme, 1649)
Andromaque, de Racine, La dissertation sur les Passions, de Hume, et La Cousine Bette, de Balzac vous paraissent-elles confirmer cette analyse ?


Sujet 12 : « Or, quand les passions sont débordées et hors de médiocrité, elles ne sont pas seulement vicieuses mais elles engendrent les vices. Mais quand elles sont bien modérées et guidées par le frein de la raison, elles ne sont pas vicieuses ; au contraire elles sont principes et matières de la vertu. » Ronsard, Des vertus intellectuelles et morales (1576)

Dans quelle mesure votre lecture des œuvres au programme vous permet de souscrire à cette analyse de Ronsard ?


Sujet 13 : Dans De l’Amour, Stendhal écrit : « L’homme n’est pas libre de ne pas faire ce qui lui fait plus de plaisir que toutes les autres actions possibles. L’amour est comme la fièvre, il naît et s’éteint sans que la volonté y ait la moindre part ».

Cette affirmation vous semble-t-elle correspondre aux analyses présentes dans les trois œuvres inscrites à votre programme ?


Sujet 14 : « Les passions ont toutes, sans en excepter celles qui nous inquiètent et nous tourmentent le plus, une sorte de douceur qui les justifie à elles-mêmes. » (Diderot, article Passions de l’Encyclopédie, t. XII, 1765)

Les œuvres du programme confirment-elles cette analyse ?


Sujet 15 : Peut-on dire avec Sartre dans L’existentialisme est un humanisme que « [T]out homme qui se réfugie derrière l’excuse de ses passions […] est un homme de mauvaise foi » ?


Sujet 16 : « C’est une grande duperie de croire que l’homme moyen n’est susceptible que de passions moyennes » Georges Bernanos, Les grands cimetières sous la lune.

Élargissant la réflexion de Georges Bernanos et en vous appuyant sur votre lecture des œuvres au programme, vous vous interrogerez sur l’hypothèse du caractère « moyen » du monde des passions présenté par ces trois œuvres.


Sujet 17 : Dans son roman Que ma joie demeure (1935), Giono fait dire à l’un de ses personnages : « La jeunesse, c’est la passion pour l’inutile ».

Vous commenterez et discuterez cette maxime à la lumière des œuvres au programme.


Sujet 18 : Dans sa « Lettre modérée sur la chute et la critique du Barbier de Séville », Beaumarchais affirme que « ce qu’on nomme passion n’est autre chose qu’un désir irrité par la contradiction ».

Vous vous interrogerez sur la validité de cette assertion, à la lumière des vos lectures personnelles d’Andromaque de Racine, de la Dissertation sur les passions de Hume et de La Cousine Bette de Balzac.


Sujet 19 : À la lecture des œuvres au programme, vous commenterez ces propos de Bergson : « Par exemple, un obscur désir est devenu peu à peu une passion profonde… petit à petit il a pénétré un plus grand nombre d’éléments psychiques… et voici que votre point de vue sur l’ensemble des choses vous paraît maintenant avoir changé. » (Essai sur les données immédiates de la conscience)


Sujet 20 : « Toute passion résulte donc de cette amphibologie qui nous fait désirer la possession du symbole comme la possession de la réalité qu’il figure. Toute passion est symboliquement amoureuse de symboles qui nous figurent la plénitude de l’éternel. » Nicolas Grimaldi, Le Désir et le temps, PUF, 1971.


Sujet 21 : « Ici l’amour refuse le temps, affirme que le passé n’est pas mort, que l’absent est présent ; il se trompe d’objet, se montre incapable de saisir les êtres dans leur actuelle particularité, dans leur essence individuelle. Il se souvient en croyant percevoir, il confond, il se berce de rêve, il forge la chimère de l’éternité. » écrit Alquié, dans Le Désir d’Éternité en 1993.

La lecture des œuvres au programme vous paraît-elle confirmer ces propos ?


Sujet 22 : « Le péché a son siège non seulement dans le monde des passions sensibles qu’il pervertit et déchaîne, mais aussi dans la volonté qu’il asservit et dans l’entendement qu’il affranchit de la dépendance de son objet réel et du Créateur de l’objet », écrivait Auguste Lecerf (1872-1943) dans son Introduction à la dogmatique réformée, 1932.

Pensez-vous que votre lecture des œuvres au programme permet de souscrire à ce jugement ?


Sujet 23 : « La passion ne vient point d’ailleurs que du fait de se voir frustré dans ses désirs ou de rencontrer ce qu’on cherche à éviter. Voilà ce qui amène les troubles, les agitations, les infortunes, les calamités, les chagrins, les lamentations, la malignité ; ce qui rend envieux, jaloux, passions qui empêchent même de prêter l’oreille à la raison. »

Votre lecture des œuvres au programme vous permet-elle de souscrire à ces propos d’Épictète (Entretiens) ?


Sujet 24 : « Les passions sont les seuls orateurs qui persuadent toujours. »

Commentez cette maxime de La Rochefoucauld en vous appuyant sur les œuvres au programme.


Sujet 25 : « L’éloquence des passions nous trompe presque toujours ; j’entends par là cette fantasmagorie […] que nous déroule l’imagination […]. Il est pourtant clair que le moyen de calmer toute cette agitation » est de « par réflexion, deviner l’éloquence des passions et refuser d’y croire », écrit Alain dans Propos sur le bonheur, Gallimard, 1928.

En quoi cette affirmation éclaire-t-elle votre lecture des œuvres au programme ?


Sujet 26 : « Toutes les flèches sont lancées par vous et reviennent sur vous, c’est vous qui êtes votre ennemi. Quand le passionné s’est assuré qu’il n’est pas malade, et que rien ne l’empêche pour l’instant de vivre bien, il en vient à cette réflexion : « Ma passion, c’est moi, et c’est plus fort que moi », affirme Alain dans ses Propos sur le Bonheur » (Gallimard, 1923).

En quoi ces propos vous permettent-ils d’éclairer votre lecture des œuvres au programme ?


Sujet 27 : Dans De la nature (Livre IV), Lucrèce analyse les comportements passionnels et s’interroge sur la cécité dont ils témoignent. Il écrit en effet «  Car le plus souvent, que font les hommes dans l’aveuglement de la passion ? Ils attribuent à l’objet de leur amour des mérites qu’il n’a pas. »

À la lumière de votre lecture des œuvres au programme, vous commenterez ces propos.


Sujet 28 : Pensez-vous, à la lueur des œuvres au programme, penser avec La Rochefoucauld dans ses Maximes et Réflexions morales (1665, n° 460) : « Il s’en faut bien que nous connaissions tout ce que nos passions nous font faire » ?


Sujet 29 : « Il ne faut pas gâter les choses présentes par le désir des absentes, mais réfléchir au fait que celles-là mêmes ont fait partie des choses souhaitables », affirme Épicure (Sentences vaticanes, 35).

À la lecture des œuvres au programme, vous direz si vous partagez cette conception.


Sujet 30 : À la lumière de votre lecture des œuvres au programme vous vous demanderez en quoi les passions sont nuisibles.


Sujet 31 : « Ah ! Je l’ai trop aimé pour ne point le haïr. » (Racine).

Cette affirmation d’Hermione dans Andromaque, acte 2, scène 1, illustre-t-elle la problématique de l’amour et de la haine ?


Sujet 32 : La vengeance, une justice passionnelle.


Sujet 33 : La cruauté, une passion de l’autre?


Sujet 34 : « Toute passion a, comme l’amour, un bandeau devant les yeux : ce bandeau qui cache ce qu’elle ne peut pas voir, mais elle voit d’autant mieux ce qu’elle veut voir, i.e., ce qu’elle imagine. La passion est donc à la fois déraisonnable et logique, et d’autant plus déraisonnable qu’elle est plus logique » (Dugas, La logique des sentiments).

Vous commenterez et discuterez cette citation à la lumière des œuvres au programme.


Sujet 35 : « Le désir n’est pas d’abord ni surtout une relation au monde. Le monde ne paraît ici que comme fond pour des relations explicites avec l’Autre. Ordinairement c’est à l’occasion de la présence de l’autre que le monde se découvre comme monde du désir », écrit Sartre dans L’Être et le Néant.

Votre lecture des œuvres au programme vous permet-elle de souscrire à ces propos ?


Sujet 36 : « Tuer les sentiments pour vivre mieux, ou mourir jeune en acceptant le martyre des passions, voilà notre arrêt. » (Balzac, La Peau de chagrin)

Votre lecture des œuvres au programme corrobore-t-elle ce jugement ?


Sujet 37 : Pascal, en 1670, dans les Pensées (412), remarque que la passion met en place un véritable conflit intérieur, il écrit en effet : « Guerre intestine de l’homme entre la raison et les passions. S’il n’avait que la raison sans passions… S’il n’avait que les passions sans raison… Mais ayant l’un et l’autre il ne peut être sans guerre ne pouvant avoir la paix avec l’un qu’ayant la guerre avec l’autre : ainsi il est toujours divisé, et contraire à lui-même » (pensée 6, 412).

L’étude des œuvres au programme vous permet-elle de confirmer le jeu des passions ainsi défini par Blaise Pascal. Le jeu des passions aboutit-il inévitablement à un conflit ?


Sujet 38 : David Hume écrit dans Traité de la nature humaine (1737) : « La raison est, et elle ne peut qu’être, l’esclave des passions ; elle ne peut prétendre à d’autre rôle qu’à les servir et à leur obéir. »

Votre lecture des œuvres au programme vous permet-elle de confirmer cette assertion ?


Sujet 39 : Jean-Jacques Rousseau écrivait dans La Nouvelle Héloïse (Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1964, p. 493) : « La froide raison n’a jamais rien fait d’illustre, et l’on ne triomphe des passions qu’en les opposant l’une à l’autre ». Qu’en pensez-vous?


Sujet 40 : Malebranche écrivait dans le chapitre cinq de De la recherche de la vérité (1674) : « Les hommes peuvent bien vaincre leurs passions par des passions contraires : ils peuvent vaincre la peur, ou la douleur, par vanité… mais ce n’est pas là vaincre, ce n’est pas là se délivrer de la servitude : c’est peut-être changer de maître pour quelque temps… »

Expliquez et commentez cette citation à la lumière des œuvres au programme.


Sujet 41 : Zola, dans la préface du Roman expérimental, en 1880, analyse le travail de Balzac. Il écrit notamment que « le problème est de savoir ce que telle passion, agissant dans tel milieu et dans telles circonstances, produira au point de vue de l’individu et de la société ; et un roman expérimental, la Cousine Bette par exemple, est simplement le procès-verbal de l’expérience, que le romancier répète sous les yeux du public […]  Au bout, il y a la connaissance de l’homme, la connaissance scientifique, dans son action individuelle et sociale. »

À la lumière de la lecture des trois œuvres au programme, vous direz si vous souscrivez à cette conception.


Sujet 42 : « Les dangers que peut produire le tableau d’une passion contagieuse sont […] prévenus par la manière de le présenter » (Rousseau, Lettre à d’Alembert sur les spectacles, 1758)

La démarche de Racine dans Andromaque, de Hume dans la Dissertation sur les Passions et de Balzac dans La Cousine Bette vous semble-t-elle correspondre à cette appréciation ?


 

Pour mémoire, voici la structure formelle idéale d’une dissertation :

  • Introduction
    1. Amorce
    2. Citation du sujet
    3. Analyse rapide du sujet : ton de la citation, structure
    4. Reformulation de la thèse
    5. Annonce de la problématique
    6. Rappel des œuvres au programme
    7. Annonce du plan
  • Développement d’une sous-partie
    1. Annonce de l’argument
    2. Développement de l’argument
    3. Analyse comparatiste des exemples
    4. Conclusion de l’argument
  • Conclusion
    1. Bilan synthétique
    2. Ouverture