Dissertation sur les passions – Résumé

 Résumé section par section

La Dissertation sur les passions est constituée de six sections. Hume part des données élémentaires de notre vie passionnelle pour reconstruire et étudier les phénomènes plus complexes : il va du plus simple au plus complexe. La section I explique la naissance des passions les plus simples, la deuxième traite des causes et du fonctionnement des passions indirectes dont je suis l’objet et la troisième, des passions indirectes portant sur autrui. Les sections suivantes approfondissent alors les paramètres qui modulent les passions (section IV et VI) en insistant particulièrement sur les rapports entre passion et raison (section V).

Section I

Toutes les passions ont pour origine le plaisir ou le déplaisir. Elles varient en fonction du degré de probabilité attaché à leur objet (un mal certain provoque la crainte, incertain l’espoir). Elles s’enchaînent, s’opposent ou s’entremêlent les unes aux autres, ne laissent jamais notre esprit en repos.

Section II

Les passions peuvent être directes (poursuite d’un bien agréable, aversion pour un déplaisir) ou indirectes, comme l’orgueil ou l’humilité (la honte de soi), qui découlent de l’association entre l’impression faite par un objet (une belle maison) et l’idée de soi-même (j’en suis le propriétaire). Les passions se développent selon trois principes : la ressemblance (on passe d’une passion à celle qui lui ressemble, du chagrin à la colère, par exemple), la contiguïté (d’une passion à celle qui lui est reliée) et la causalité (relation de cause à effet). C’est l’imagination, aidée de la force de l’habitude et de la ténacité de nos croyances, qui assure ces transitions et connexions entre les idées et les passions. Les passions sont aussi tributaires de l’opinion générale : nous aimons ce que les autres aiment et condamnons ce que la société réprouve. Le jugement que nous portons sur nous-mêmes et tout ce qui s’y rattache, notamment par un lien de propriété, dépend du regard des autres. La société est ainsi une société de spectateurs, où les individus sont les miroirs les uns des autres.

Section III

Les associations entre les impressions et les associations d’idées, orchestrées par l’imagination, agissent ensemble pour produire les passions de la haine et de l’amour, qui à leur tour engendrent des passions de comparaison : la bienveillance (l’amour pour le bonheur d’autrui) ou l’envie (la haine du bonheur d’autrui).

Section IV

Cette double association des idées et des passions permet de construire la science des passions et d’expliquer leur enchaînement et leur mélange. C’est l’imagination qui assure le passage d’une passion à l’autre, selon une plus ou moins grande rapidité et facilité.

Section V

La raison n’a aucun pouvoir sur les passions ; elle ne peut motiver aucune décision, aucun choix. Elle ne peut agir sur la volonté sans en passer par la passion : on ne vainc une passion que par une autre, et non par l’effet de la raison, qui n’a pour fonction que de déterminer le vrai et le faux, ce qui existe et ce qui n’existe pas. L’erreur des métaphysiciens jusqu’à Hume a été de chercher à conférer aux passions ou à la raison le pouvoir exclusif de commander à la volonté, sans voir que les hommes agissent souvent contre leur intérêt, contre ce qui est bon pour eux, et sans voir non plus que la raison elle-même est une passion. La raison n’existe pas en nous au titre de faculté autonome mais comme passion calme.

Section VI

Il existe des passions calmes ou violentes, prédominantes ou mineures, qui infléchissent le mouvement des esprits animaux, ce flux de particules infimes qui circulent entre le corps et l’esprit. La maîtrise de soi n’est pas l’absence de passions, mais la prévalence de passions calmes. La notion de devoir, l’incertitude, l’absence, l’inhabituel produisent des variations dans les passions, soit en les éteignant soit en les renforçant, toujours selon les transitions assurées par l’imagination. Quoique changeantes, mouvantes et instables, les passions présentent un mécanisme régulier, que la Dissertation entendait formaliser comme le scientifique formalise les lois de la nature.