Citations sur la Guerre Réponse

Voici ci-dessous quelques citations, propres à vous aider. Elles serviront tout autant de références pour vos dissertations que d’aides dans votre élaboration du concept de la guerre. Les citations en dehors des œuvres au programme sont utiles pour votre culture générale et votre compréhension du thème. Vous pourrez les utiliser comme point de départ de votre introduction ou comme élargissement de la réflexion dans la conclusion, mais vous ne devez pas les citer dans votre développement.

I. Dans les œuvres


Les Perses (Éd. GF Flammarion, trad. Danielle Sonnier)

  • « Ils se flattent, les voisins du tmolos sacré, / de jeter sur la Grèce un joug de servitude. » (v. 49 à 50, p. 95)
  • « Le peuple porte-poignard, venu de l’Asie / toute entière, s’en vient ensuite, / aux ordres terribles du roi. / Voyez la fine fleur des hommes / de notre Perse qui s’en va ; » (v. 56 à 60, p. 95)
  • « La fleur des Perses s’en est allée, est tombée (…) car l’armée barbare toute entière a péri. » (v. 252 à 255, p. 109)
  • « Ils sont pleins de morts tués misérablement, / les rivages de Salamine, et leurs abords. » (v. 272 à 273, p. 111)
  • « Les arcs n’ont pas suffit, toute entière a péri / notre armée, domptée par l’éperon des navires. » (v. 278 à 279, p. 111)
  • « Il ne faut plus mener d’expédition en Grèce, / quand même l’armée mède serait plus nombreuse: / là-bas, la terre même est pour eux une alliée. » (v. 790 à 792, p. 145)
  • « La terre hurle sur la jeunesse / issue de cette terre, et que Xerxès a massacrée – (…) la fleur de ce pays, tant de guerriers d’Orient / redoutables par l’arc, en rangs serrés, / par milliers d’hommes, ils sont morts. » (Prélude, v. 922 à 927, p. 153)

Le Feu (Éd. Gallimard, 2007)

  • « (…) réfléchissent que c’est le plus grand événement des temps modernes et peut-être de tous les temps. » (p. 10)
  • « Barque : c’est vrai, quand on y pense, qu’un soldat – ou même plusieurs soldats – ce n’est rien, c’est moins que rien dans la multitude, et alors on se trouve tout perdu, noyé, comme quelques gouttes de sang qu’on est, parmi ce déluge d’hommes et de choses. » (p. 38)
  • « Ils sont des hommes, des bonshommes quelconques arrachés brusquement à la vie (…) Ce sont de simples hommes qu’on a simplifiés encore, et dont, par la force des choses, les seuls instincts primordiaux s’accentuent : instinct de la conservation, égoïsme, espoir tenace de survivre toujours, joie de manger, de boire et de dormir. Par intermittence, des cris d’humanité, des frissons profonds, sortent du noir et du silence de leurs grandes âmes humaines. » (p. 59)
  • « Si ces hommes sont heureux, malgré tout, au sortir de l’enfer, c’est que, justement, il s en sortent. Ils reviennent, ils sont sauvés. Une fois de plus, la mort, qui était là, les a épargnés. (…) Aujourd’hui, chacun de ceux-là est sûr de vivre encore un bout de temps. » (p. 65)
  • « – Oui, dit Bertrand. Il y a des moments où le devoir et le danger c’est exactement la même chose. Quand le pays, quand la justice et la liberté sont en danger, ce n’est pas en se mettant à l’abri qu’on les défend. La guerre signifie au contraire danger de mort et sacrifice de la vie pour tout le monde, pour tout le monde : personne n’est sacré. Il faut donc y aller tout droit, jusqu’au bout, et non pas faire semblant de le faire, avec un uniforme de fantaisie. Les services de l’arrière, qui sont nécessaires, doivent être assurés automatiquement par les vrais faibles et les vrais vieux. » (p. 149)
  • « Je lève les yeux : je regarde ici, là. Un deuil épouvantable écrase tout. J’ai l’impression d’être tout seul, naufragé, au milieu d’un monde bouleversé par un cataclysme. » (p. 257)
  • « (…), cette guerre, c’est la fatigue épouvantable, surnaturelle, et l’eau jusqu’au ventre, et la boue et l’ordure et l’infâme saleté. C’est les faces moisies et les chairs en loques et les cadavres qui ne ressemblent même plus à des cadavres, surnageant sur la terre vorace. C’est cela, cette monotonie infinie de misères, interrompue par des drames aigus (…) » (p. 379)

De la guerre (Éd. Rivages Poche, trad. Nicolas Waquet)

  • « La guerre est un acte de violence engagé pour contraindre l’adversaire à se soumettre à notre volonté. » (p. 20)
  • « (…) la guerre est un acte de violence, et l’emploi de celle-ci ne connaît pas de limites. » (p. 22)
  • « Comme les deux adversaires ne sont plus de purs concepts mais des États et des gouvernements individuels, la guerre n’est plus un déroulement idéal de l’action mais une action qui suit son propre déroulement. » (p. 30)
  • « (La guerre) est un moyen sérieux au service d’une fin sérieuse. » (p. 42)
  • « La guerre est une simple continuation de la politique par d’autres moyens. » (p. 43)
  • « (…) la guerre n’est pas seulement un acte politique, mais un véritable instrument politique, une continuation des relations politiques, un accomplissement de celles-ci par d’autres moyens (p. 43-44)

II. En dehors des œuvres au programme


  • Sun Tzu, L’Art de la guerre (trad. Amiot), article I, « De l’évaluation », VIe siècle avant J.-C. : « Sun Tzu dit : La guerre est d’une importance vitale pour l’État. C’est le domaine de la vie et de la mort : la conservation ou la perte de l’empire en dépendent ; il est impérieux de bien le régler. Ne pas faire de sérieuses réflexions sur ce qui le concerne, c’est faire preuve d’une coupable indifférence pour la conservation ou pour la perte de ce qu’on a de plus cher, et c’est ce qu’on ne doit pas trouver parmi nous. »
  • Sun Tzu, L’Art de la guerre (trad. Amiot), article II, « De l’engagement », VIe siècle avant J.-C. : « Ceux qui possèdent les vrais principes de l’art militaire ne s’y prennent pas à deux fois. Dès la première campagne, tout est fini ; ils ne consomment pas pendant trois années de suite des vivres inutilement. »
  • G. Bouthoul, Le Phénomène guerre, 1962, p. 189-190 : « Ainsi il nous semble que la guerre (aussi bien extérieure que civile, soulignons-le) n’est pas un fait primitif. Elle serait une sorte d’épiphénomène et comme la manifestation fiévreuse de certains déséquilibres sociaux. Ces déséquilibres se traduisent dans notre psychologie en favorisant l’apparition de certaines idées de préférence à d’autres. Ils poussent à la turbulence, à l’intransigeance, obnubilent le sens critique et l’instinct de conservation, en un mot rendent agressif. C’est cet état, lequel constitue l’une des réactions caractéristiques de la psychologie sociale, que nous avons appelé l’impulsion belliqueuse.»
  • id., La Guerre, Que sais-je ?, 1969 : « La guerre est une forme de violence qui a pour caractéristique essentielle d’être méthodique et organisée quant aux groupes qui la font et aux manières dont ils la mènent. En outre, elle est limitée dans le temps et dans l’espace et soumise à des règles juridiques particulières, extrêmement variables suivant les lieux et les époques. Sa dernière caractéristique est d’être sanglante, car lorsqu’elle ne comporte pas de destruction de vies humaines, elle n’est qu’un conflit ou un échange de menaces. »
  • P. Clastres, dans L’anti-mythes, revue d’anthropologie, n°9, entretien publié en 2000 : « (…) la guerre est inscrite dans l’être même des sociétés primitives. (…) Les effets  de la guerre sont de maintenir constamment la séparation entre les communautés. En effet avec des ennemis on ne peut avoir que des rapports d’hostilité, c’est-à-dire de séparation : ce rapport de séparation, l’hostilité culminant dans la guerre effective, mais l’effet de la guerre, de l’état de guerre c’est de maintenir la séparation entre les communautés, c’est-à-dire la division. L’effet principal de la guerre c’est de créer tout le temps du multiple, et, ce faisant, la possibilité pour qu’il y ait le contraire du multiple n’existe pas. Tant que les communautés seront, par le moyen de la guerre, dans un état de séparation, de froideur ou d’hostilité entre elles, tant que chaque communauté est et reste par moyen là dans l’autosuffisance, on pourrait dire dans l’autogestion pratiquement, il ne peut y avoir d’État. La guerre dans les société primitives, c’est d’abord empêcher l’un ; l’un c’est d’abord l’unification, c’est-à-dire l’État. »
  • René Girard, entretien avec E. Lévy, Le Point, 18/07/2007, « La guerre est partout » : « Et, dans le fond, l’œuvre de Clausewitz est un mensonge romantique militaire. Dans son premier chapitre, il laisse entendre, sans le dire expressément, que la guerre n’a pas cessé depuis le début de l’Histoire, et donc que l’histoire humaine est celle d’une inéluctable « montée aux extrêmes », la réciprocité engendrant toujours plus de vengeance. Mais il s’empresse de cacher l’aspect terrifiant de sa théorie pour affirmer que la guerre absolue n’a jamais lieu. En réalité, Clausewitz redoute secrètement que l’on revienne à « la guerre en dentelles » une fois que Napoléon sera mort. Il voue à Napoléon une haine farouche et un amour prodigieux : on trouve difficilement meilleur exemple de mimétisme. »
  • Id., ibid. : « L’ère des guerres est finie : désormais, la guerre est partout. Nous sommes entrés dans l’ère du passage à l’acte universel. Il n’y a plus de politique intelligente. Nous sommes près de la fin. »
  • Id., Achever Clausewitz, 2007 : « Il faudrait moins parler de risque d’autodestruction que de triomphe de la violence, dans ce primat de la défense sur l’attaque. La violence va de plus en plus triompher : tel est le principe de la supériorité de la défense. »
  • E. de la Maisonneuve, La Violence qui vient, 1997, p. 87 : « L’univers de la violence s’est transformé par l’effet de ses propres excès ; la guerre n’est pas seulement un caméléon, selon la formule de Clausewitz ; elle a changé de nature dans ses fondements. »
  • Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, 1883-1885 : « Vous devez chercher votre ennemi et faire votre  guerre, une guerre pour vos pensées ! Et si votre pensée succombe, votre loyauté doit néanmoins crier victoire ! »
  • Rousseau, Principes du droit de la guerre, projet de paix perpetuelle, 1756-1761 : « L’homme est naturellement pacifique et craintif, au moindre danger, son premier mouvement est de fuir ; il ne s’aguerrit qu’à force d’habitude et d’expérience. L’honneur, l’intérêt, les préjugés, la vengeance, toutes les passions qui peuvent lui faire braver les périls et la mort, sont loin de lui dans l’état de nature. Ce n’est qu’après avoir fait société avec quelque homme qu’il se détermine à en attaquer un autre, et il ne devient soldat qu’après avoir été citoyen. (…) Il n’y a donc point de guerre générale d’homme à homme et l’espèce humaine n’a pas été formée uniquement pour s’entre-détruire. »

Sujets 2015

  • CNC Maroc (Toutes filières)
    • « La guerre est humaine, se vit comme un amour ou comme une haine, pourrait être racontée comme un roman, et que par conséquent, si tel ou tel va répétant que la stratégie est une science, cela ne l’aide en rien à comprendre la guerre, parce que la guerre n’est pas stratégique. » Marcel Proust.
  • Banque PT
    • « Il existe dans les guerres un aspect moral incontestable. Même les plus déterminés des pacifistes ne peuvent nier que la guerre n’exalte des vertus émouvantes et nobles : le courage, le dévouement, la fidélité, l’amitié entre combattants, la loyauté. L’humanité dans toutes ses formes de civilisation, a toujours été consciente de ces vertus éthiques de la guerre et leur a attaché un très grand prix. » Gaston Bouthoul.
  • X, ENS (MP, PC et PSI)
    • La philosophe Simone Weil (1909-1943) écrit dans l‘Iliade ou le poème de la force (1940) : « La guerre efface toute idée de but, même l’idée des buts de la guerre. Elle efface la pensée même de mettre fin à la guerre. »
  • Mines-Ponts (Toutes filières)
    • « Il faut boucher ses oreilles devant les invectives hypocrites que les hommes ont parfois adressées contre la guerre ; les hommes n’ont pas subi la guerre ; ils l’ont inventée ; et les hommes ont inventé la guerre parce qu’ils l’aimaient ; parce qu’ils aimaient cet état d’exception s’étendant à tout l’espace ; parce qu’ils aimaient ce temps soudain de rupture ; parce qu’ils adoraient cette extase temporelle, cette force répandue, renforcée, renforçante, ruisselante, colorée, excitée, excitante, passionnante, vivifiante. ». Pascal Guignard, Les désarçonnés.
  • Centrale-Supélec (MP, PC, PSI)
    • « Je ne veux point médire de la guerre ; la guerre agrandit presque toujours la pensée d’un peuple et lui élève le cœur. ». Tocqueville.
  • Centrale-Supélec (TSI)
    • Selon Caillois, « la guerre et la fête éliminent scories et déchets, liquident les valeurs fallacieuses et remontent à la source des énergies originelles qu’elles actualisent dans leur pleine et dangereuse, mais salutaire violence. »
  • CCP (Toutes filières)
    • « La guerre est jeu de hasard en même temps que compétition. ». Raymond Aron.
  • Agro Concours A filière BCPST
    • Dans son essai (Histoire et vérité, 1955), Paul Ricœur écrit : « La guerre est et doit rester à nos yeux ce cataclysme, cette irruption du chaos, ce retour, dans les relations externes d’Etat à Etat, à la lutte pour la vie. Cette déraison historique doit demeurer injustifiée et injustifiable. »
  • Agro Concours A filière TB
    • Dans son essai La construction de la paix ou le travail de Sisyphe, Simone Goyard-Fabre écrit : « Il serait […] simpliste, quelles que soient les horreurs de la guerre et malgré les bienfaits de la paix, de s’exprimer en termes de bien et de mal. »
  • E3A
    • « Dire et enseigner que la guerre est un enfer, et s’arrêter là, est un mensonge dangereux. Aussi atroce que cela paraisse, il est nécessaire de rappeler que la guerre est un enfer, oui : mais beau. » Alessandro Baricco, postface à HomèreL’Iliade.
  • G2E
    • « Un artiste habile en cette partie, un massacreur de génie, M. de Mtolke, a répondu, voici deux ans, aux délégués de la paix, les étranges paroles que voici :

« La guerre est sainte, d’institution divine ; c’est une des lois sacrées du monde ; elle entretient chez les hommes tous les grands, les nobles sentiments, l’honneur, le désintéressement, la vertu, le courage et les empêchent en un mot de tomber dans le plus hideux matérialisme ! » Guy de Maupassant,  journal Le Gaulois.


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