Andromaque – Résumé 1 Réponse

Racine

Andromaque

Résumé

La simplicité du schéma (Oreste aime Hermione qui ne l’aime pas, éprise qu’elle est d’un Pyrrhus qui la dédaigne pour une Andromaque fidèle au souvenir d’Hector, l’époux dont elle est devenue veuve) ne doit pas masquer la subtile complexité d’une action fertile en rebondissements, riche en arrière-plans romanesques (tels que tempête, projet d’enlèvement, conspiration improvisée), qui fonctionne avec la même précision qu’un mécanisme d’horlogerie.

Oreste débarque en Epire. Il y retrouve Pylade, son ami, dont une tempête l’a séparé six mois plus tôt. Il y vient, officiellement, pour demander à Pyrrhus, fils d’Achille et souverain de cette contrée, au nom de la Grèce, la restitution d’Astyanax, l’enfant d’Hector et d’Andromaque, dont on croyait jusqu’ici qu’il avait été mis à mort aussitôt après la prise de Troie, mais dont on sait (par une révélation d’Hermione, comme le spectateur l’apprend au cours de la pièce) qu’il a survécu grâce à la substitution imaginée par sa mère, et dont la seule existence est considérée comme un danger par les Grecs, puisqu’en lui s’incarne désormais l’unique espoir, pour les Troyens, réduits en esclavage et dispersés, de voir un jour leur ville renaître de ses cendres. Le but de son voyage se double cependant d’un motif secret : de longue date amoureux d’Hermione, sa cousine, promise en mariage à Pyrrhus, et qu’il avait dès lors juré de ne plus revoir, ne cherchant plus qu’à mourir, sans parvenir à se détacher d’elle, il espère, puisque le fils d’Achille à présent la dédaigne pour sa captive troyenne, la remmener avec lui de force ou de gré.

Le point fort du premier acte est constitué par sa conférence avec Pyrrhus, qui refuse d’accéder à sa demande et de lui remettre le fils d’Andromaque. Mais de cette attitude chevaleresque (ne prend-il pas spontanément la défense de l’orphelin et de la veuve contre la coalition de leurs ennemis ?) il n’obtient nullement la reconnaissance qu’il en escomptait d’Andromaque, dont il ne reçoit pas même l’aumône d’un regard plus favorable, de sorte qu’il passe avec elle du respect le plus humble et soumis à la menace brutale : qu’elle songe que de lui dépend le sort de son fils !

Au second acte prend place la visite privée qu’Hermione attend d’Oreste. Elle ne l’accueille qu’à contrecœur, comme un importun, souffrant devant lui de l’humiliante position dans laquelle elle se trouve en tant que future épouse abandonnée avant même ses noces au profit d’une rivale. Elle acceptera néanmoins, de retourner sous sa conduite à Sparte, où son père, Ménélas, par lettre, la somme de retourner pour ne plus subir de nouveaux affronts, mais elle n’y consentira que si Pyrrhus persiste dans son refus de livrer aux Grecs le fils d’Andromaque. Oreste, alors, peut un instant croire que la fortune va lui sourire à nouveau, mais il ignore que Pyrrhus, dans l’intervalle, s’est ravisé : le voici qui vient l’informer que l’enfant qu’il réclame lui sera livré.

Il suffit toutefois qu’au retour de la visite quotidienne rendue par Andromaque à son fils, cette mère aux abois tente, encouragée par sa confidente Céphise, une ultime démarche auprès de Pyrrhus, pour qu’il faiblisse et que sa précaire fermeté chancelle, en dépit des exhortations de son vieux gouverneur Phoenix. Par une seconde volte-face, le roi d’Epire accepte à nouveau d’accorder sa protection à l’enfant, mais cette fois sous la condition expresse que sa mère consente à l’épouser de sorte qu’il se trouve devenu d’Astyanax le père adoptif et le tuteur légal. Partagée entre sa tendresse maternelle et la fidélité qu’elle entend garder à la mémoire de son premier époux, Andromaque prend la décision d’aller se recueillir sur la tombe élevée non loin de là par elle à son mari défaut.

Au retour de ce pieux pèlerinage, sa résolution est arrêtée : elle épousera Pyrrhus, afin que demeure vivant l’unique héritier d’Hector, mais se donnera la mort aussitôt après la cérémonie, pour ne pas manquer à la foi conjugale envers son précédent époux. Hermione se trouve, de ce fait, évincée. Furieuse, elle charge Oreste de la venger par l’assassinat immédiat de Pyrrhus, besogne qui lui répugne, mais qu’il finit, devant son implacable acharnement d’amante jalouse, par prendre sur lui d’exécuter. Il ne l’a pas plus tôt quittée que Pyrrhus vient la trouver. Chercherait-il à l’apaiser, voire, une fois encore, à se réconcilier avec elle ? Il faut surseoir, avant de l’avoir entendu, à toute entreprise contre l’infidèle. Hélas ! il persiste dans sa trahison, confus certes de sa faiblesse et tourmenté par le remords, mais s’avouant incapable de ne pas suivre le penchant de son cœur. Et, pour comble, quand Hermione lui demande qu’il diffère d’une journée son mariage avec Andromaque, afin que ne lui soit pas infligé le supplice d’assister à ce spectacle odieux pour elle, il ne répond rien. Outrée de son attitude, elle se répand en invectives et menaces contre lesquelles Phoenix, lorsque se clôt le quatrième acte, met inutilement Pyrrhus en garde.

Au début du dernier acte, Hermione, moins ancrée dans son ressentiment, flotte encore entre la haine et l’amour. Mais le rapport de sa confidente Cléone, qui lui dépeint l’exultation de Pyrrhus en marche avec Andromaque vers le temple où doit être scellée leur union, rouvre sa blessure. Impatiente de le frustrer du bonheur auquel il croit toucher, se défiant d’Oreste, dont elle craint que, trop pusillanime, il n’ose en définitive commettre un tel attentat, elle s’apprête à courir pour le frapper elle-même et mourir vengée. Cependant, dès qu’elle apprend d’Oreste que Pyrrhus expire, massacré par les Grecs, indignés de l’avoir vu de ses mains poser le diadème sur le front d’Andromaque puis entendu proclamer Astyanax roi des Troyens, elle désavoue l’entreprise, oublie que l’initiative en est venue d’elle, en rejette la responsabilité sur celui qu’elle considère avec horreur comme le meurtrier, bien qu’il reste le seul à n’avoir point porté un coup à la victime, et le regarde comme un monstre. Tant d’injuste ingratitude le plonge dans une stupeur douloureuse. Et la nouvelle, apportée par Pylade, qu’Hermione s’est poignardée sur le cadavre de Pyrrhus, le privant de son dernier espoir, achève de le rendre fou. Se croyant dans le royaume des ombres, il se figure qu’il y retrouve Pyrrhus embrassé par Hermione, qui traîne après elle un impressionnant cortège de furies, impatientes de châtier son crime et symbolisant la damnation à laquelle, de longue date, il ne se sentait que trop prédestiné. Son fidèle ami profite de ce qu’il a perdu conscience pour le soustraire à la vindicte d’un peuple désormais soumis à l’autorité de sa nouvelle reine qui, veuve une seconde fois, s’acquitte des honneurs dus au monarque défunt, tandis que l’on se jette à la poursuite de ses assassins. On emporte Oreste ; la scène reste vide. En coulisse l’innocence longtemps persécutée triomphe, en la personne d’un enfant et de sa mère. Pour les autres personnages du drame, la tragédie est consommée.

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